Rapport activités 2015

 

RAPPORT ACTIVITES SOLAND 2015

 

Mot du Président

Le secteur agricole a contribué à hauteur de 23% du PIB en 2015 et emploie plus de 60% de la population active du Cameroun. L’agriculture est donc sans appel un moteur de croissance économique du pays et le gouvernement camerounais en a fait sa priorité des priorités, en  favorisant l’investissement des entreprises privées souhaitant se positionner en amont,  et en incitant l’émergence des petits producteurs regroupés en coopératives ou associations, afin d’accroître la valeur ajoutée sur les productions locales.

Les objectifs de SOLAND s’insèrent pleinement dans cette formule et militent dans la contribution des ‘Objectifs pour le Développement Durable’ ( ODD) dans les pays en voie de développement, particulièrement au Cameroun, Tchad et dans la sous-région, afin de diminuer la pauvreté dans ces régions par le renforcement de la femme en tant que productrice à part entière dans le processus de production rurale et de développement économique, et par implication des jeunes dans le programme afin de limiter l’exode rural, reconstituer les cellules familiales, et surtout éradiquer les velléités migratoires vers l’Europe et le reste du monde.

Le programme de SOLAND consiste à rassembler les groupes cibles au sein des coopératives et associations, afin de promouvoir l’engagement citoyen pour œuvrer dans la lutte contre la pauvreté, en leur apportant assistance, formation, financement et en leur recherchant l’accès au marché, à travers les domaines d’activité d’agriculture, pisciculture, énergies renouvelables, sylviculture, élevage et pêche, habitat et environnement, santé et éducation et des activités socio-culturelles et tout domaine pouvant apporter un mieux-être au monde rural.

SOLAND se positionne ainsi comme étant l’intermédiaire entre les coopératives de production et les institutions de financement (Etat, privés). C’est l’interface entre le monde rural producteur et les consommateurs transformateurs, à travers les chaînes de valeurs, et par extension, de promouvoir le développement du secteur agro-business au Cameroun et dans la zone CEMAC, à travers des partenariats publics privés Nord- Sud.

Il est maintenant inéluctable que l’Afrique devra nourrir la grande majorité de la population mondiale qui devrait passer à 2,6 milliards d’habitants en 2050, les 2/3 des terres arables se trouvant dans ce continent.

Les projections d’une famine sans précédent, consécutive à l’augmentation immodérée de la population mondiale, et par extension à la diminution des terres arables, ne sera donc pas uniquement africaine, mais devrait toucher le monde entier si une réponse collégiale et globale n’est pas vite trouvée. Même si la sonnette d’alarme a retenti depuis longtemps, les états et les diverses institutions s’entêtent et continuent de faire la sourde d’oreille, en nous galvaudant de grands discours. Nous attendons des actions concrètes qui doivent passer par le soutien des petits producteurs à travers le développement durable.

Après quatre années de sensibilisation, d’identification, de prospection et de rédaction de rapports, notre programme est maintenant dans sa phase critique de recherche de financements à travers ses deux plans financiers parus en avril 2016, à savoir :

-Un plan financier pour le reboisement et l’amélioration des systèmes agroforestiers à base de cacao (AFC) dans le Sud Cameroun.

-Un plan financier pour le programme piscicole dans le Sud Cameroun.

Le premier concerne la création d’un hectare de cacaoyers associés à trois arbres fruitiers qui rentrent dans les habitudes culinaires et culturelles de la population du Sud Cameroun et qui participent à la fois au programme de reboisement et d’afforestation. Il s’agit du safoutier ((Dacryodes edulis), du manguier sauvage (Irvingia gabonensis) et du njansang (Ricinodendron heudelotti ).

Ainsi, avec un investissement initial de 2500 euros (1.681.000 FCFA), le rendement est de 450 euros (292.500 FCFA) la première année, de 2150 euros (1.400.000 FCFA) la deuxième année, pour atteindre 6200 euros (4.030.000 FCFA) la septième année.

Ce programme contribue aussi à lutter contre le changement climatique, par séquestration du carbone au sein de nouvelles plantations d’arbres fruitiers et cacaoyers, tout en préservant les ressources naturelles du sol.

Le deuxième plan financier concerne la création d’un étang piscicole de 300 m2 par cellule familiale, et a pour objectif de produire dans un intervalle de 4 à 5 mois et à raison de deux cycles de production  par an, quatre tonnes de clarias et 300 kg de tilapias. Ceci passe par la mise en place d’une synergie d’activités et une uniformisation du mode de conduite d’élevage des membres pisciculteurs de SOLAND.

Ainsi, pour un investissement initial de 9.200 euros (5.980.000 FCFA) d’un étang de 300 m2, on estime un rendement de 13.500 euros (8.741.000 FCFA) la première année, pour atteindre 14.720 euros (9.568.000 FCFA) les années suivantes.

Le Cameroun importe chaque année plus de 160.000 tonnes de poisson et sa demande en produits halieutiques ne cesse de croître et serait de plus de 350.000 tonnes, tandis que son ratio ‘ production /demande ‘ reste insignifiant, en dépit de son fort potentiel piscicole, surtout dans la région du Sud (conditions biophysiques favorables).

Un troisième plan financier est en fin de gestation. Il s’agit de l’élevage de l’Aulacode.

La réussite de ce vaste programme ambitieux, qui implique dans une première phase plus de 30.000 personnes du Sud Cameroun, ne serait viable qu’à travers la mise en place de dispositifs concrets permettant de rendre plus visibles les projets envisagés. Il s’agit de la création d’un site pilote implanté dans le village de Mebaé à 5 kilomètres du centre-ville d’Ebolowa.

Ce site miroir dont la visibilité a  débuté en juillet 2015 à travers  des tests positifs de cultures vivrières à courte durée de production telles que le riz fluvial, le soja, la pastèque et le maïs, verra son extension se réaliser en 2016 à travers la création de trois étangs  piscicoles et le semis de dix hectares de maïs de base composite, tandis que  les premières pépinières pour le programme AFC pourraient débuter  en octobre 2016.

La viabilité de ce programme consiste aussi et surtout à l’accompagnement du secteur privé et des institutions bancaires, en les incitant à entrer dans ce segment de marché difficile : absence de garanties des emprunteurs villageois en dehors du titre foncier.

En tirant avantage des expériences acquises de certains pays tels que le Ghana, la Côte d’Ivoire dans le cadre de la promotion des cultures pérennes, il convient maintenant de préférer un financement direct avec une banque privée (les phases précédentes consistaient en l’octroi de prêts souverains au gouvernement, dont une partie était rétrocédée à des banques locales chargées d’octroyer des prêts aux planteurs).

Les missions d’identification ont permis de constater que le potentiel agricole dans la région du Sud Cameroun est intact, que la volonté de la population rurale de participer au développement de l’agriculture, de la pisciculture, de la pêche et de l’élevage est réelle, que l’organisation des producteurs en coopératives et groupements est viable et que les chaînes de valeurs correspondent aux attentes des exploitations familiales.

Les propositions de la Fondation SOLAND tiennent compte à la fois des objectifs et des priorités fixés par le gouvernement et aux attentes de la population de la région.

En conclusion, les missions de prospection ont permis de démontrer les atouts du programme, et que l’impact des propositions de la fondation SOLAND touchera plus de 60.000 habitants de la région.

Ce programme représente un challenge pour la région avec des hypothèses réalistes basées sur l’expérience avec des risques acceptables et une probabilité de réussite importante.

Je ne saurai clôturer ce mot sans remercier toutes et tous qui apportent leur contribution à la réussite de ce projet.

Je tiens ainsi à remercier Son Excellence, Monsieur Evina Abe’e, Ambassadeur du Cameroun auprès de l’UE à Bruxelles, pour sa disponibilité et ses recommandations.

Mes remerciements s’adressent aussi à mon infatigable mentor et conseiller, Monsieur Fievez Guy, sans qui ce programme n’aurait jamais pris forme.

Que Sa Majesté, Son Excellence Effa Désiré, Président du Cercle Régional des Chefs Traditionnels du Sud (CRCTS) trouve ici toute ma gratitude, pour sa confiance, son engagement et sa disponibilité.

J’adresse également mes profonds remerciements à mon équipe SOLAND France, et particulièrement à son Vice-Président, Monsieur Sarradin Paul, pour son engagement indéfectible.

Enfin, que toutes et tous qui contribuent de près ou de loin, à travers leurs conseils, avis et aides diverses à la réalisation de ce programme, trouvent ici toute ma sincère considération.

Afoumou Hubert,

Président Fondation Soland

Président Association Soland France.


1)Descriptif de SOLAND

1a) Signification

Soland est un mot composé dérivé de :

‘Sol’ comme soleil et solidarité

‘Land’, un anglicisme signifiant terre.

Il s’agit donc d’une terre ensoleillée, régie par la solidarité humaine.

La Fondation SOLAND est une association apolitique, sans but lucratif enregistrée le 12 novembre 2012 à Ebolowa, chef-lieu de la région du Sud, Cameroun et a pour objectif la promotion de l’agrobusiness en zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), par reconstitution et renforcement des exploitations familiales villageoises.

1b) Membres

Outre les membres du bureau exécutif et du conseil d’administration et de l’assemblée générale, SOLAND comprend aussi les membres effectifs bénéficiaires du programme, et les membres sympathisants.

La composition des membres est la suivante :

SOLAND Cameroun :

-Bureau exécutif : 4

-Conseil d’administration :14

-Assemblée générale :14

-Membres effectifs : 2500

SOLAND France :

Bureau exécutif : 5

Conseil d’administration :5

Assemblée générale :5

1c) Localisation

Le siège social de SOLAND Cameroun se trouve à Ebolowa, BP 424, Région du Sud

Le siège social de SOLAND France se trouve à Corbeil-Essonnes, 4 rue du Belvédère, France.

2) Bilan moral

Ce bilan concerne une année d’exercice et fait état de l’ensemble des actions engagées durant cette année de référence, que ces actions aient bénéficié ou non des financements.

Nous présenterons ici uniquement le bilan de la fondation SOLAND Cameroun qui comptabilise quatre années d’existence, SOLAND France étant dans sa première année.

Ainsi, les quatre années se présentent comme suit :

2012 : Création de la Fondation SOLAND

2013 : Missions de prospection, d’identification et de sensibilisation dans les départements de la Mvila et de l’océan

2014 : Missions de prospection, d’identification et de sensibilisation dans les départements de la Mvila, de l’Océan et de la Vallée du Ntem.

2015  se présente comme une année décisive et se ventile comme suit : nombreuses missions

-Mars-avril : Mission de l’expert agroéconomiste belge, Monsieur Fievez Guy dans les départements de la Mvila, de l’Océan et de la Vallée du Ntem.

Voici les villages sensibilisés lors de cette mission :

Département du Ntem :

            -Mebae Ndong

            -Mebae Biyeng

            -Lo’o Biyeng

            -Foulassi

            -Bongolo

Département de l’Océan :

            -Village des chutes de la Lobé

            -Grand-Batanga

            -Makouré1

            -Makouré2

            -Bidjouka

Département de la Vallée du Ntem :

            -Ambam

Mai-juin : Fin prospection et début de rédaction des conclusions, rapports et plans financiers consécutifs aux différentes missions.

Juillet : Début travaux sur le site pilote de Mebae, dont les parcelles expérimentales de riz fluvial, de maïs, de soja.

Novembre : Extension du site avec la mise en valeur de 8 hectares de bas-fonds pour le programme piscicole.

Décembre : Récolte de maïs, du riz fluvial et du soja.

A ce bilan moral s’ajoutent les visites de notre site pilote par les autorités publiques et par de potentiels partenaires financiers ainsi que la réalisation de conventions de partenariats, entre autres :

-Juin 2015 : Visite du site pilote par le coordonnateur de la coopérative Djatembi Alkatathoum du Tchad, le Docteur Ngartola Tony

-Juin 2015 : convention de partenariat avec le CRCTS (Cercle Régional des Chefs Traditionnels du Sud)

-Juin 2015 : Convention de partenariat avec la Mairie d’Ebolowa Ier

-Juin 2015 : Convention de partenariat avec la Mairie d’Ebolowa IIème

-Décembre 2015 : Visite du site pilote par des  partenaires Turcs.

-Décembre 2015 : visite du site pilote par le Maire et le Sous-Préfet d’Ebolowa Ier.

Nous avons aussi suivi des stages de formation en agriculture et assisté à des conférences et foires agricoles de renom, principalement en Belgique, dont :

-Stage en agriculture à l’université de Gembloux

-Foire internationale Seafood de Bruxelles

-Foire agricole EDD (European Development Days) 14-15 juin 2016 à Bruxelles.

Enfin, nous ne manquerons pas de signaler l’obtention en  2016 de l’agrément en tant que producteur de maïs certifié au Cameroun, signe de reconnaissance de notre action par l'Etat Camerounais.

3-Bilan financier

Nous reprenons ici le déroulé du bilan moral et chaque action réalisée est reprise dans un tableau récapitulatif dépenses/recettes de 2015.

a)Tableau des dépenses 2015

Poste dépense

Intitulé

Montant en euro

Montant en FCFA

Communication

Flyers, cartes de visite, reliures, saisies

1650

1.080.750

Transport

Avion, train, taxi, bus, visa

6500

4.257.500

Hôtel

Logement des hôtes

1625

1.064.600

Location

Bureaux

1465

960.000

Salaire expert

Per diem

8584

5.622.520

Coûts de production site pilote (Salaires, intrants, matériel…)

Produits phytosanitaires, salaires ouvriers, machettes, pelles, pulvérisateurs

 

3984

2.609.750

Logistique

Nourriture et boisson

1145

750.000

Total des dépenses

 

24.953

16.344.215

 

b) Tableau des recettes 2015

Type de recettes

Montant en euro

Montant en FCFA

Cotisation et adhésion membres

916

600000

Subventions diverses

0

0

Fonds propres de réserve

24.037

15.744.235

Total des recettes

24.953

16.344.215

 

c) Balance= recettes-dépenses

Recettes

Dépenses

Balance

16.344.215

16.344.215

0

 

Soulignons que l’exercice 2015 se clôture sans apport financier extérieur ou soutien de la part des autorités du pays. Il faut également souligner qu’aucune assistance technique ou financière de la part des organisations internationales n’a été accordée malgré les nombreuses demandes, démarches et sollicitations de la part des responsables de SOLAND.

4- Prévisions 2016

La réussite du programme SOLAND doit nécessairement passer par la mise en place de son site pilote miroir de Mebaé. Ainsi, les actions 2016 seront principalement centrées sur sa construction, à travers des actions agricoles concrètes.

Les perspectives 2016 se présentent donc comme suit :

  • Semis de 4 hectares de maïs certifié, pour la production de maïs de bouche.
  • Extension du site par la mise en valeur de 10 hectares de bas-fonds.
  • Semis de 10 hectares de maïs composite de base, pour la production  de maïs certifié.
  • Semis d’un hectare de pastèques, variété Kaolack.
  • Semis d’un hectare de soja.
  • Semis de 1000 m2 d’arachides.
  • Semis de 1000m2 de gombo
  • Création de trois étangs piscicoles.
  • Construction d’un magasin de stockage des récoltes et des produits phytosanitaires.

5-Conclusion

Les prémices d’une famine globale, à l’horizon 2050, ainsi que la détérioration exponentielle de notre mère nature apparaissent inéluctables, si nous ne prenons pas maintenant des mesures concrètes et courageuses. Ceci doit passer sans tarder, par l’application des résolutions de la COOP21 et des priorités fixées par le chef de l’Etat et ses dirigeants.

Chaque état, chaque organisation, chaque individu doit impérativement contribuer pour l’atteinte des Objectifs pour le Développement Durable (ODD), à travers des actes citoyens.

C’est pourquoi SOLAND se met à contribution à travers la concrétisation de son programme, en dépit de l’absence de subventions diverses qui pourraient retarder, voire tuer dans l’œuf ce programme porteur, en rappelant que  ses fondements  reposent sur un équilibre durable entre ses objectifs économiques, la gestion rationnelle de l’environnement et la valorisation des ressources naturelles et humaines.

Hubert Afoumou

Président SOLAND

01/04/2016